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Les prototypes Renault Alliance & AMC/Renault

Création: 21/07/2022 ; Mise à jour: 11/08/2022

Tout d'abord, un GRAND merci

  • Car Design Archives pour toutes les recherches effectuées et le partage sur Facebook. Mine d'or, même pour des spécialistes comme nous le sommes des Alliance/Encore. Nous vous invitons à aller visiter le site, documenté, et agréable à lire sur plein de modèles différents.
  • Yann Le Lay (Les Renault 9 & 11 de mon père - ETAI), pour les images des GT et Medallion.
  • Losange Magazine. Un must dans les magazines qui traitent des Renault
  • Challenge.fr
 

Qui dit Proto...

Robert Lutz, vice-président de General Motors, a énoncé un jour : « La capacité d'inspirer la passion est la seule vraie mesure du succès d'un véhicule ». Le design de l'automobile doit donc communiquer aux clients des traits caractéristiques comme la vitesse, la robustesse, la beauté, le luxe ou autres, thèmes auxquels l'automobiliste s'identifiera pour afficher son identité personnelle.

Alors, bien entendu, quand on parle de prototypes, les premières images qui viennent en tête, ce sont de belles automobiles, en 3D, futuristes, avant-gardistes, avec de lignes tendues, presque des navettes spaciales qui invitent le pilote et ses passagers dans des univers lumineux, cooconing, feutrés, flattant joliment les sens, le tout accompagné de petits petits noms charmants : DeZir, TreZor, etc...
 

Chez AMC/Jeep/Renault.


Chez American Motors, on a un besoin vital de faire tourner les usines et on doit surtout compléter la gamme avec des modèles plus sobres, pour satisfaire à la nouvelle réglementation fédérale.
Renault peut répondre à ce besoin.

Dans les locaux de l'Amtek, qui hébergeaient auparavant le siège de Kelvinator et sous la direction de Philippe Ventre, le département "Renam Product Engineering" est alors en charge à partir de juillet 1981 d'américaniser la Renault 9.
Contrairement aux apparences, il faut revoir la copie de fond en comble. L'Alliance (X42) est mise en production à Kenosha en juin 1982 ainsi que son dérivé deux portes.
Suivent la R11 trois portes Encore (X37) en juillet 83 et enfin la version Convertible (D42) en septembre 1984.
(source : Car Design Archives)

Ci contre, Bernard Hanon et Gaston Juchet devant une maquette de Renault Encore. Vous noterez, 2 portes d'un côté, 1 porte de l'autre.
 

Un modèle GT

A première vue, on pourrait penser qu'il s'agit de la version Coupé de l'Alliance.
Donc, une classique deux portes
Mais en fait, tout se joue sous le capot et également sur un petit logo GT marqué en bas de la caisse juste avant le pare-chocs arrière.
Nous n'avons pas plus d'information à ce jour sur cette déclinaison qui n'a jamais vu le jour...
 
 

X52 - Une Alliance étirée en largeur comme en longueur : le projet "Medallion"




"Dans l’attente de la naissance de la grande berline Renault Premier et pour épauler au plus vite les petites Alliance et Encore, les gens d’AMC se mettent en tête d’étudier un modèle de transition (projet X52) sur la base étirée en longueur comme en largeur de la Renault Alliance. En effet, les Américains ne sont pas du tout convaincus par la silhouette tri-corps de la future Renault 25 à hayon. Une X52 d’allure plus conventionnelle pourrait donc faire le lien avec la version américanisée de la X48, la future Renault 21.

Ce programme ambitieux (finalement abandonné en 1985) aura coûté un temps et des moyens précieux à AMC. Simple en apparence seulement, le projet d’allonger la Renault Alliance se heurte à des difficultés inattendues qui repoussent sa date de lancement bien trop près de celle envisagée pour la X48 (Renault 21, alias Eagle Medallion en 1988) et de la X58, la future Premier (1987-1992) établie sur la plateforme allongée au maximum de la Renault 21." (source : Challenge.fr)

Ses lignes étaient signées Michel Jardin. Source : Yann Le Lay (Les Renault 9 & 11 de mon père - ETAI).
 

K42 - ... un break / Station Wagon

Dès le début 1982, une autre carrosserie est envisagée : un dérivé break, codé K42.

Alors qu'à Rueil, les équipes de Gaston Juchet et Robert Opron soumettent plusieurs études de style, chez AMC, celles de Dick Teague et Bob Nixon planchent sur une contre-proposition qui sera développée jusqu'à la caisse en blanc. La réalisation de celle-ci est pilotée par Claude Sutren, alors responsable du Body Engineering Department.

Hélas, faute de moyens suffisants (la priorité est donnée au futur Cherokee XJ) et avec des volumes de ventes jugés trop faibles, le break est finalement abandonné en février 1983.
(source : Car Design Archives)
 
 

X59 - Une Renault qui a de l'... Allure

Dans la corbeille qu’il a vendue à Chrysler, Renault a déposé la berline Premier, une usine canadienne, la marque Jeep qui faisait office de dot, mais aussi un étrange prototype de coupé, dérivé de la Premier. L’engin avait même un nom : Allure..

Les grands coupés ont toujours été populaires aux USA et l’Allure représentait donc pour Renault (puis pour Eagle…) une solution intéressante afin d’élargir la gamme de produits locaux. La voiture devait normalement débarquer sur le marché fin 1988, début 1989. Mais les « marketeurs » de chez Chrysler en ont décidé autrement...

Un exemplaire de cette voiture particulière a été conservé dans la collection FCA Heritage, à Detroit. Un modèle blanc, dont les logos Renault ont été effacés. Pas de « losange » sur la calandre ni sur le volant, donc. Mais des indices de l’origine du modèle sont visibles, comme les clés de contact, qui proviennent de chez Renault. Sous la carrosserie, ce coupé cache aussi plusieurs pièces communes avec la Premier. Le tableau de bord est également piqué à la Premier, bien qu’il dispose d’une console centrale spécifique et d’un cadran à chiffres rouges. Le modèle conservé au FCA Heritage dispose du moteur 3.0 V6 bien connu, associé à une boîte manuelle à 5 rapports. À l’époque, les concepteurs avaient certainement songé aussi ajouter à la gamme le bloc 2.5 V6 turbo.

Quant aux sièges, ils sont ici spécifiques, avec de jolis appuie-tête intégrés. Tout comme la Premier, cette Allure disposait aussi d’un grand coffre. Et cet unique exemplaire survivant chausse d’élégantes jantes en alliage léger, qui ont ensuite également été montées sur la Premier. On note encore les rétroviseurs de forme aérodynamique et la partie avant fixe des vitres de portes.

Les vitres arrière embrassent le hayon, ce donne l’effet d’un toit flottant vu de l’arrière. La décision de ne pas intégrer ce modèle à la gamme Eagle semble assez peu logique. Peut-être le constructeur américain a-t-il eu peur d’une concurrence interne au sein de son groupe?

De l’autre côté de l’Atlantique, lorsque la production a cessé sur l’île Seguin à Billancourt, fin 1992, la collection de l’usine était limitée. Mais, surprise, elle comprenait un prototype de l’Allure. Le modèle était peint en gris foncé, mais dépourvu de phares et clignotants. Et si l’exemplaire de chez Chrysler arbore des pare-chocs noirs et de flancs brillants, ceux du proto Renault étaient simplement peints dans la couleur de la carrosserie, tout comme dans le cas de la finition LX de la Premier. Et ici aussi, les logos étaient manquants. Cette voiture grise a toutefois disparu et ne fait donc pas partie de la collection actuelle de Renault Classic. On peut en conclure qu’elle a dû être détruite, jetant ainsi dans l’oubli la dernière trace de l’histoire de Renault aux Etats-Unis…

(source : Losange Magazine)
 
 
 
 
 
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